La réglementation en matière de dépollution pyrotechnique est très stricte et encadre l'intégralité des opérations pouvant être réalisées sur le sol Français.
Le code de l’environnement prévoit dans son article L.556-2 que tous « les projets de construction ou de lotissement prévus dans un secteur d'information sur les sols (SIS) (…) font l'objet d'une étude des sols afin d'établir les mesures de gestion de la pollution à mettre en œuvre pour assurer la compatibilité entre l'usage futur et l'état des sols ».
L’article R.125-43 du Code de l’Environnement spécifie que le SIS ne traite pas deux pollutions particulières et sensibles, dont la pollution pyrotechnique, en faisant référence au Code de la Sécurité Intérieure (CSI). Cette exclusion du SIS n’exclut pas le Maître d’ouvrage de l’étude des sols sur son terrain. En ce sens, il répondra directement aux spécifications de l’article 5 du Décret 2005-1325 modifié 2010, si le terrain n’est pas la propriété du Ministère des Armées, et se conformera ainsi à ses obligations de sécurité définies dans le code du travail (articles L-4121-1 à 3 et surtout L.4531-1).
Pour ce faire, le Maître d’ouvrage ou l’entreprise réalisant les travaux sur le sous-sol doit se rapprocher d’entreprises spécialisées en pollution pyrotechnique conformément au Décret 2005-1325 modifié 2010.
Ces dernières seront alors tenues de se conformer aux règles de sécurité particulières aux chantiers de dépollution pyrotechnique, ouverts et conduits dans le cadre d'un chantier de bâtiment et génie civil qui sont définies et encadrées par le Décret 2005-1325 modifié par le Décret 2010-1260 et ses 2 arrêtés.
Afin d'accompagner les Maîtres d'ouvrages à appréhender le risque pyrotechnique, le Syndicat des Métiers de la Dépollution Pyrotechnique (SMDPYRO) à créé un guide pour les opérations de travaux publics, études préalables et travaux de dépollution de sols susceptibles de rencontrer des munitions non-explosées (UXO).
Guide - Cliquez ici
La dépollution pyrotechnique s'exerce dans un cadre réglementaire dense, qui combine des textes spécifiques au risque pyrotechnique, le droit commun de la prévention des risques professionnels, et — pour les opérations internationales — des référentiels normatifs propres à l'action contre les mines. Cette section précise l'articulation de ces différents niveaux.
C'est le texte de référence pour les travaux de dépollution pyrotechnique en France. Il structure la démarche autour de plusieurs exigences :
Ce décret a fait l'objet de modifications successives. La version consolidée en vigueur doit systématiquement être consultée sur le site officiel Légifrance avant toute application : se référer à la version d'origine expose à des écarts.
Ce texte concerne la prévention des risques particuliers auxquels les travailleurs sont exposés dans les installations et activités pyrotechniques : sites industriels de fabrication, de stockage, de maintenance, de démantèlement ou de destruction de produits explosifs. Son champ est distinct de celui du décret 2005-1325, qui vise les travaux de dépollution sur site. Un même projet peut relever des deux textes selon la nature des opérations conduites — par exemple lorsqu'une opération de dépollution s'accompagne d'un stockage temporaire ou d'une destruction sur place.
Au-delà des textes spécifiques, le code du travail impose à l'employeur une obligation générale d'évaluation et de prévention des risques, qui s'applique pleinement au risque pyrotechnique. Le maître d'ouvrage est de son côté tenu d'intégrer ce risque dans la conception et l'organisation de l'opération. Concrètement, cela se traduit par :
L'absence d'un texte imposant explicitement une recherche préalable sur un terrain donné ne constitue donc pas une exonération : dès lors que le contexte historique rend la présence de munitions plausible, l'obligation générale de prévention impose de caractériser le risque.
Lorsque la pollution pyrotechnique s'accompagne d'une contamination chimique des sols — résidus énergétiques, métaux lourds, produits de dégradation d'agents de charge — le code de l'environnement et la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués s'appliquent en complément. La découverte de munitions à chargement chimique relève quant à elle de procédures spécifiques et de l'intervention des services de l'État : elle ne peut en aucun cas être traitée dans le cadre ordinaire d'un chantier.
Pour les opérations conduites hors de France, le cadre applicable diffère :
Trois documents structurent la traçabilité d'une opération et engagent les parties :
Une attestation qui ne mentionne ni profondeur d'investigation, ni cible de référence, ni limites de la prestation n'a pas de portée technique utilisable : elle ne permet ni au maître d'ouvrage de savoir ce qui a été couvert, ni aux entreprises suivantes de savoir ce qui ne l'a pas été.
Ce decret fixe les regles de securite applicables aux travaux realisant la depollution pyrotechnique. Il impose notamment l'etablissement prealable d'une etude de securite, la determination de zones d'effets autour des operations mettant en oeuvre ou susceptibles de mettre en oeuvre des matieres explosives, la limitation des personnes exposees, et des exigences de competence pour les intervenants. Il a fait l'objet de modifications ulterieures : la version consolidee en vigueur doit toujours etre consultee sur Legifrance.
C'est le document qui identifie les risques presentes par les operations envisagees, en evalue les effets et definit les mesures de prevention et de protection correspondantes. Elle determine notamment les distances d'effets et le zonage associe, precise les effectifs susceptibles d'etre exposes, et fixe les procedures d'exploitation et d'urgence. Elle doit etre etablie avant le demarrage des travaux et adaptee a chaque situation reelle de chantier.
Il s'agit des zones definies autour d'une operation pyrotechnique en fonction de l'intensite des effets attendus en cas d'evenement : effets de souffle, effets thermiques et projection d'eclats. Le zonage delimite les secteurs ou la presence humaine est interdite, limitee ou admise sous conditions, et conditionne l'implantation des installations, la circulation et l'organisation du chantier. Les distances sont calculees dans l'etude de securite a partir de la masse d'explosif de la munition de reference et du scenario retenu.
Le decret n° 2005-1325 modifie porte sur les travaux de depollution pyrotechnique, c'est-a-dire les operations de recherche et de traitement de munitions sur un site. Le decret n° 2013-973 concerne la prevention des risques particuliers auxquels les travailleurs sont exposes dans les installations et activites pyrotechniques : sites industriels de fabrication, de stockage, de maintenance ou de destruction. Un projet peut relever des deux textes selon les operations conduites.
Les IMAS (International Mine Action Standards) constituent le referentiel international de l'action contre les mines et les restes explosifs de guerre, decline en normes nationales (NMAS) par les Etats concernes. Les accords de normalisation OTAN, notamment le STANAG 2143, encadrent les procedures de neutralisation et de destruction des munitions. Les contrats internationaux precisent generalement le referentiel applicable et le niveau de degagement exige.
Oui. Independamment de la reglementation pyrotechnique proprement dite, le code du travail impose une obligation generale d'evaluation et de prevention des risques. Des lors que le contexte historique rend la presence de munitions plausible, cette obligation impose de caracteriser le risque pyrotechnique et de definir les mesures adaptees. L'absence d'un texte imposant explicitement une recherche prealable ne constitue pas une exoneration.
Les operations de depollution pyrotechnique requierent des personnels dont la competence en matiere de reconnaissance, de manipulation et de traitement des munitions est etablie, ainsi qu'un encadrement disposant des habilitations correspondantes. Les qualifications professionnelles reconnues dans le secteur et les niveaux EOD definis par les referentiels internationaux servent de base a l'appreciation de cette competence. Les exigences precises figurent dans les textes applicables et dans les pieces contractuelles du marche.
À lire aussi : étude historique pyrotechnique (EHT) — l'analyse documentaire préalable qui fonde le zonage du risque et la cible de référence.
À lire aussi : démantèlement d'installations pyrotechniques — inventaire, décontamination des ateliers, traitement des résidus explosifs et assainissement des sols.
À lire aussi : formation EOD et qualification en dépollution pyrotechnique — cadre réglementaire, niveaux d'intervention et obligations de l'employeur.