Une munition non explosée, ou UXO (unexploded ordnance), est une munition tirée, larguée, posée ou lancée qui n'a pas fonctionné et reste susceptible d'exploser. Obus, bombes d'aviation, mines, grenades, roquettes et munitions chimiques persistent dans les sols, les sédiments et les eaux des décennies après les conflits. En France, elles sont découvertes chaque année lors des travaux agricoles, des terrassements et des aménagements. DEMINETEC localise, identifie, évacue et détruit ces munitions sur les terrains à aménager, en France et à l'international.
D'où viennent les munitions non explosées en France
La pollution pyrotechnique du territoire résulte de plusieurs couches historiques. La guerre de 1870-1871 a laissé des munitions autour des places fortes et des champs de bataille de l'Est et du Bassin parisien. La Première Guerre mondiale a contaminé massivement les anciens fronts du Nord, de la Picardie, de la Champagne, de la Lorraine et de l'Alsace : une part importante des obus tirés n'a pas fonctionné. La Seconde Guerre mondiale a ajouté les bombardements aériens des ports, des gares de triage, des ponts, des usines et des aérodromes, les combats du débarquement et de la Libération, les champs de mines et ouvrages défensifs du littoral.
S'y ajoutent les anciennes emprises militaires : dépôts de munitions, poudreries, terrains de tir et d'exercice, sites de destruction et zones d'immersion de munitions en mer. Chaque site présente donc une signature historique propre, que l'étude historique pyrotechnique permet de reconstituer avant tout projet.
Les principales familles de munitions rencontrées
Obus d'artillerie et de mortier
Les obus sont les munitions les plus fréquemment découvertes. Leurs calibres vont de quelques centimètres à plus de 400 mm pour l'artillerie lourde de la Grande Guerre. Ils peuvent être explosifs, à balles (shrapnels), fumigènes, éclairants, incendiaires ou chimiques. Un obus tiré non explosé dont la fusée a été armée est considéré comme intransportable.
Bombes d'aviation
Les bombes larguées lors des bombardements de 1940-1945 pèsent de quelques dizaines de kilogrammes à plusieurs tonnes. Dans les terrains meubles, elles ont pu pénétrer à plusieurs mètres de profondeur et dévier sous la surface, ce qui impose une détection adaptée, en forage si nécessaire, avant les fondations profondes. Voir magnétométrie et détection UXO.
Mines terrestres et marines
Les mines antichar et antipersonnel ont été posées massivement en 1944 le long des côtes et autour des ouvrages défensifs. La Convention d'Ottawa de 1997 interdit l'emploi, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel aux États qui y sont parties. Les mines marines subsistent dans certaines zones portuaires et littorales ; leur traitement sous l'eau relève de SEMTEC.
Grenades, roquettes, munitions d'infanterie et artifices
Grenades à main et à fusil, cartouches, roquettes, artifices de signalisation et charges de démolition sont fréquents sur les anciennes positions de combat et les sites de dépôt.
Munitions chimiques
Une fraction des obus de la Première Guerre mondiale était chargée d'agents toxiques (ypérite, phosgène, arsines). Leur découverte impose l'arrêt des opérations et une procédure spécifique : sur un chantier de dépollution pyrotechnique, le décret n° 2005-1325 modifié prévoit l'intervention des services du ministère de l'Intérieur.
Pourquoi une munition ancienne reste dangereuse
Une munition enfouie conserve sa charge explosive et, souvent, sa chaîne de mise à feu. Le temps n'élimine pas le danger : la corrosion fragilise l'enveloppe et peut gripper ou libérer les mécanismes de la fusée, l'explosif peut exsuder ou cristalliser, et certains explosifs anciens forment au contact des métaux des composés plus sensibles au choc ou à la friction. Un choc de godet, une vibration de compactage, une chaleur de forage ou une manipulation peuvent suffire à provoquer le fonctionnement. Seul un démineur qualifié peut évaluer l'état d'une munition et décider de son traitement.
Découverte d'un obus ou d'une bombe : la conduite à tenir
Pour un particulier, un agriculteur ou une collectivité : ne pas toucher, ne pas déplacer, s'éloigner, empêcher l'accès, repérer l'emplacement et appeler le 17, le 18 ou le 112. Les forces de l'ordre saisissent le service de déminage de la Sécurité civile, compétent pour les découvertes fortuites.
Sur un chantier : arrêter les engins, évacuer la zone, baliser et alerter. Le maître d'ouvrage doit ensuite faire évaluer le risque sur l'ensemble de l'emprise : une découverte isolée révèle souvent une pollution plus large. DEMINETEC intervient alors pour le diagnostic pyrotechnique, l'étude de sécurité pyrotechnique et la dépollution, ou pour la sécurisation pyrotechnique des terrassements.
Détecter et éliminer les munitions d'un terrain
1. Évaluer. L'étude historique identifie les munitions attendues, leurs zones probables et leurs profondeurs.
2. Détecter. Les levés magnétométriques et électromagnétiques localisent les anomalies, en surface ou en forage. Voir recherche de munitions enfouies.
3. Dégager et identifier. Les démineurs mettent au jour chaque anomalie retenue, identifient l'objet et évaluent son état.
4. Évacuer ou détruire. Les munitions transportables sont regroupées en stockage temporaire puis évacuées ou détruites ; les munitions intransportables sont détruites sur place par pétardage, avec les protections et distances de sécurité prévues par l'ESP. Voir destruction de munitions.
5. Attester. Le maître d'ouvrage reçoit les livrables de fin de dépollution, qui précisent les zones et profondeurs traitées.
Munitions non explosées dans le monde
Hors de France, les restes explosifs de guerre contaminent de nombreux pays touchés par des conflits anciens ou récents. Les projets industriels, énergétiques, pétroliers, portuaires et d'infrastructures y intègrent une phase de dépollution UXO, conduite selon les normes internationales de l'action contre les mines (IMAS) et les normes nationales du pays. DEMINETEC réalise des études de risque UXO, des opérations de dépollution et de destruction de munitions à l'international ; voir la page UXO and mine clearance. Les définitions des termes employés sont réunies dans le lexique de la dépollution pyrotechnique.
Questions fréquentes sur les munitions non explosées
J'ai trouvé un obus : que faire ?
Ne pas le toucher, ne pas le déplacer, ne pas le nettoyer ni tenter de l'identifier en le manipulant. S'éloigner, empêcher l'accès, repérer l'emplacement et prévenir la police ou la gendarmerie (17) ou les sapeurs-pompiers (18 ou 112), qui saisissent le service de déminage de la Sécurité civile. Ne jamais transporter soi-même une munition vers un commissariat ou une gendarmerie.
Une munition centenaire peut-elle encore exploser ?
Oui. Les explosifs militaires se conservent pendant des décennies et le vieillissement peut même accroître la sensibilité de la munition : corrosion de l'enveloppe et de la fusée, exsudation de l'explosif, formation de composés sensibles au choc. L'âge d'un objet n'est jamais un critère de sécurité.
Que faire en cas de découverte de munition sur un chantier ?
Arrêter immédiatement les travaux dans la zone, évacuer le personnel, baliser et prévenir. Si un chantier de dépollution est en cours, l'entreprise de dépollution applique les consignes de son étude de sécurité pyrotechnique ; en dehors de ce cadre, les forces de l'ordre saisissent la Sécurité civile. La découverte justifie ensuite d'évaluer le risque sur le reste de l'emprise par une étude historique et un diagnostic.
Comment savoir si un terrain contient des munitions ?
Par une étude historique pyrotechnique, qui reconstitue les événements de guerre et les activités militaires du site, puis par un diagnostic de terrain combinant détection magnétométrique ou électromagnétique et sondages de levée de doute.
Qui paie la dépollution d'un terrain ?
Lorsque le risque est identifié avant des travaux, la dépollution pyrotechnique est commandée et financée par le maître d'ouvrage du projet, qui confie le chantier à une entreprise spécialisée. Les découvertes fortuites traitées par la Sécurité civile relèvent du service public.
Les mines antipersonnel sont-elles encore présentes en France ?
Des mines des deux guerres mondiales peuvent encore être découvertes, notamment sur d'anciens ouvrages défensifs et zones de combats, mais la contamination est sans commune mesure avec celle des pays touchés par des conflits récents, où le déminage humanitaire se poursuit.
Un terrain concerné par le risque de munitions ? Contactez DEMINETEC ou appelez le 09 52 51 00 63.
