GARANTIES ET LIMITES

Les moyens matériels utilisés lors du diagnostic pyrotechnique sont des outils géophysiques dont le but premier a été détourné afin de repérer les éventuelles anomalies présentes dans le sous-sol et susceptibles de s’apparenter à des engins pyrotechniques non-explosés ou des restes explosifs de guerre.

Ce ne sont pas des détecteurs de munitions.

De ce fait, ces détecteurs sont soumis aux différentes limites de ces méthodologies.

En l’occurrence, il est difficile de définir la taille précise d’un objet (ou son poids ou son volume) ou sa profondeur avec certitude.

Magnétométrie :

La magnétométrie est fortement sensible à tous les effets de surface, notamment les superstructures ferromagnétiques de tous types (bâtiments, clôtures, engins, voitures, etc.). La présence de ce types d’objets en surface ne permet pas la prise de mesure jusqu’à plusieurs mètres de ces derniers.

Au plus le terrain est pollué par des objets ferromagnétiques, au plus l’individualisation des anomalies est difficile et au plus les caractéristiques techniques et de profondeur de l’objet sont délicates à identifier.

Les échelles d’affichages des cartographies ou les seuils de traitement des données sont essentiels pour la définition des typologies de munitions à identifier en fonction de leurs profondeurs.

D’une manière générale, plus une munition est petite, moins elle est détectable en profondeur.

La magnétométrie fluxgate permet l’identification de bombe de 250 à 500 Kg jusqu’à 3 ou 4 m de profondeur maximum dans des conditions de surface et de terrain optimales.

La magnétométrie « champs total » permet d’investiguer le sous-sol légèrement plus profondément (environ 30% de plus) mais est dans le même temps est beaucoup plus influencée par les superstructures.

En fonction des moyens employés (mono ou multi-antennes, géoréférencés en temps réel ou par post-traitement) et des terrains à investiguer (plats ou accidenté, dégagés ou non, présence de structure ou pas, praticable à pied ou par véhicule, petit ou grands), le diagnostic magnétométrique peut couvrir entre 2500 m² et 10 hectares par équipe et par jour voir plus pour des moyens aéroportés.

 

L’Electromagnétisme (TDEM) :

Les TDEM destinés à la recherche de munitions non explosées ont des profondeurs de recherche situées entre 2 et 3 m maximum pour les plus gros objets.

Ils restent influencés par les superstructures mais dans des proportions moindres par rapport à la magnétométrie.

Le classement des anomalies par catégories et les profondeurs d’enfouissement sont plus précise grâce aux différentes fenêtres de mesure par rapport à la magnétométrie.

Comme pour la magnétométrie, les échelles d’affichages des cartographies ou les seuils de traitement des données sont essentielles pour la définition des typologies de munitions à identifier en fonction de leurs profondeurs.

Suivant les mêmes contraintes que pour la magnétométrie, le diagnostic TDEM peut couvrir entre 2500 m² et 2 hectares par équipe et par jour.

Il est à noter que cette méthode permet la détection des objets ferreux et non-ferreux. Cette méthode est donc indispensable dans le cadre de diagnostic de champs de tir modernes sur lesquels les mesures magnétométriques ne seraient pas opérantes.

Électromagnétisme (Géoradar) :

Le géoradar mesure les zones de changements de diélectrique. C’est-à-dire qu’il est extrêmement contraint par la consistance du sous-sol et en l’occurrence par les différentes couches le composant.

La présence d’une zone de remblais ou d’eau dans les couches de surface ne permet pas d’investigations plus profondes.

 Le géoradar ne fait pas le distinguo de manière évidente entre une anomalie ferreuse, non-ferreuse ou géologique.

Il permet au contraire des autres méthodes d’investiguer les zones proches des superstructures grâce à ces antennes blindées.

Le choix des antennes blindées est d’ailleurs essentiel car elle permet l’investigation plus ou moins en profondeur et avec plus ou moins de précision du sous-sol.

Suivant les mêmes contraintes que pour la magnétométrie et le TDEM, le diagnostic par géoradar peut couvrir entre 2500 m² et 5000 m² par équipe et par jour.

Garantie diagnostic pyrotechnique